Depuis avril 2008, j'invite des personnes à converser avec moi dans cet espace que j'ai appelé tchatchhh. J'invite des personnes - que je connais ou pas - à faire l'expérience d'une conversation distanciée sans jamais savoir par avance quelle en sera la teneur. Je laisse à mon invité(e) le soin de formuler le premier mot avec le matériau de son choix. Ni lui ni moi ne savons ce qu'il advient par la suite car la conversation s'écrit au présent et se déplace en cours de route en fonction des échanges.
tchatchhh n'est pas un blog mais un espace pour la conversation qui utilise le dispositif du blog. C'est pourquoi tchatchhh est mouvant et son usage n'est pas celui qu'on attend. tchatchhh s'écrit comme se prononce et laisse place à la complexité de la langue. tchatchhh m'accompagne au quotidien comme un intrus et prend une place considérable parfois. Tout dépend de mon invité(e) et de ce qu'il a à dire. tchatchhh se débat à deux et se nourrit de conversations. La fin d’une conversation en annonce une autre et devient une toute autre expérience. Consultez le mode d'emploiici.
Par karine,
samedi 11 octobre 2008 à 16:12 ::binmarder
demain, nous nous quitterons.
Vous avez empreinté pour un temps le nom et les mots d'un autre.
Que puis-je conserver de cette incarnation ?
Je ne sais rien.
Par BINMARDER,
dimanche 5 octobre 2008 à 12:11 ::binmarder
Une fois parti le porteur du message, trompé tout autant que sa destinataire, le chevalier resté seul commença à réfléchir au moyen de changer de nom pour qu'on ne sût pas qui il était ni où il allait, car l'amour s'était en peu de temps si bien emparé de lui qu'il était déjà désireux d'abandonner une partie de lui-même.
Par BINMARDER,
dimanche 28 septembre 2008 à 22:01 ::binmarder
Mon père savait beaucoup de ses chansons, qui imitaient le langage des bergers et étaient emplies de paroles d'un grand talent (ou plus précisément d'une grande douleur), disposées et semées si délicatement parmi d'autres paroles rustiques que celui qui y regarderait bien comprendrait aisément comment elles étaient faites. Et il y avait encore autre chose qui apparaît à mon humble jugement, c'est que le beau, disséminé au milieu de cette bassesse de style, par l'impression d'étrangeté qu'il donnait, provoquait plus rapidement l'émotion, tant l'imagination a de pouvoir sur tout.
Par BINMARDER,
mercredi 24 septembre 2008 à 21:47 ::binmarder
Binmarder, la pensée tout occupée de ce mystère, commença à percevoir un grand vacarme qui, venant du bois, s'approchait dans sa direction. Et il ne l'entendait pas encore très nettement lorsqu'il vit devant lui son cheval poursuivi par des loups passer au galop ; et, au loin, derrière les loups, arrivaient en courant des chiens qui menaient grand bruit. Le cheval, voulant franchir cette rivière-ci, y tomba, et les loups, le rejoignirent et commencèrent à le déchirer de toutes parts, de sorte que, si vite que Binmarder accourût, il était déjà à moitié mort.
Par karine,
mardi 23 septembre 2008 à 09:45 ::binmarder
Je vous ai, en partie, dévoilée. Heureusement / malheureusement, qu'il y a Google, notre maître à tous. En tout cas, bien malgré nous, il incite à googliser.
L'anonymat disparu, impossible ?
Ou bien, cet anonymat est un leurre de plus et ne sert qu'à révéler des personnages dissimulés derrière une personne ?
La confusion règne. Se faire passer pour un autre est une vieille histoire d'imposteur mais est-ce encore possible ? L'imposture est ici (où ça exactement ?) immédiatement digérée par Google.
Binmarder, pourquoi cette tristesse ?
Par BINMARDER,
dimanche 21 septembre 2008 à 17:21 ::binmarder
Sur ce mont le plus élevé de tous que j'étais venue rechercher pour la solitude incomparable que j'y ai trouvée, voici comment je passais ma vie : tantôt je descendais dans le fond de ces vallées qui ceignent alentour, tantôt, de son point le plus haut, je restais à regarder la terre qui allait s'achever dans la mer, puis la mer qui s'étendait à sa suite, pour aller s'achever on ne sait où. Mais quand venait la nuit, en harmonie avec mes pensées, lorsque je voyais les oiseaux chercher leurs refuges, s'appelant les uns les autres, semblant vouloir apaiser la terre elle-même, alors, le coeur lourd de chagrins qui venaient redoubler ceux avec lesquels je m'étais éveillée, je m'en retournais vers mon pauvre logis, où Dieu seul est témoin de la façon dont je dormais la nuit.
Par karine,
vendredi 19 septembre 2008 à 11:15 ::binmarder
En guise de présentation binmarder m'a donné un texte :
Cela me fit douter de commencer à écrire ce que j'avais vu et entendu.
Mais à la réflexion, je me dis que ma crainte de ne pouvoir achever
d'écrire n'était pas une raison pour ne pas le faire, puisque je n'écrirais
pour personne d'autre que pour moi-même, moi pour qui les choses
inachevées ne seraient pas une nouveauté.
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