Depuis avril 2008, j'invite des personnes à converser avec moi dans cet espace que j'ai appelé tchatchhh. J'invite des personnes - que je connais ou pas - à faire l'expérience d'une conversation sans jamais savoir par avance quelle en sera la teneur. Je laisse à mon invité(e) le soin de formuler le premier mot avec le matériau de son choix. Ni lui ni moi ne savons ce qu'il advient par la suite car la conversation s'écrit au présent. tchatchhh est mouvant et son usage n'est pas celui attendu. tchatchhh s'écrit comme se prononce et laisse place à la complexité de la langue. tchatchhh m'accompagne au quotidien comme un intrus. Tout dépend de mon invité(e) et de ce qu'il a à dire. La fin d’une conversation en annonce une autre et devient une toute autre expérience. Protocole / J'invite quelqu'un ou quelqu’un peut décider d’être invité. Nous nous donnons rendez-vous pour une conversation sur tchatchhh.
S'il le souhaite, mon invité(e) peut garder l'anonymat et prendre alors le pseudonyme de son choix.
Une conversation a une durée variable fixée à l'avance par mon invité(e). Elle peut se dérouler en un jour, une nuit, une semaine ou un mois, l’important est de débuter à la date prévue. La fin se fait sans préavis à la date affichée dans le premier billet. En préambule, je publie un message pour annoncer la conversation et présenter mon invité(e). En guise de présentation, mon invité(e) fait un petit don de sa personne en envoyant une image, un mot, un CV, un son ou tout autre document faisant office de présentation.
Mon invité(e) commence la conversation. Il peut utiliser des mots, des sons et des images en accédant aux outils de l’interface avec un login et mot de passe.
Mon invité(e) peut publier plusieurs billets par jour, voire par heure, mais il doit attendre ma réponse avant de publier le suivant.
Les commentaires demeurent ouverts.
Chaque conversation est archivée au nom de mon invité(e).
Par Anne Xiradakis,
dimanche 22 février 2009 à 09:38 ::Anne Xiradakis
Tes remarques sur l'exposition à la Fondation Cartier me font rebondir sur le travail documentaire de Depardon que j'admire beaucoup et qui m'a vraiment inspiré pour les vidéos que j'ai fait au Japon.
Par karine,
vendredi 20 février 2009 à 15:45 ::Anne Xiradakis
Vue du bus, pèlerinage, éoliennes : Sans le titre, je pourrais croire à un malheur. Des gens qui fuient sur la route, on ne sait pas pourquoi. Cormac McCarthy a écrit une histoire d'un père et son fils qui avancent sur la route dans un monde dévasté.
Arjun Appadurai, anthropologue indo-américain, défend l'idée d'une ère postcoloniale où "l'imagination devient une force sociale" et où la construction identitaire ne dépendrait plus uniquement d'un territoire et de ses représentations culturelles du fait de la globalisation et des flux migratoires. Pour lui, il n'y a plus un dedans et un dehors de l'État-Nation, mais de nouveaux espaces identitaires déterritorialisés.
Ainsi, les migrants, constitués en divers groupes spatialement dispersés, sont liés grâce aux flux véhiculant les images et récits qui nourrissent leur "commun".
Le "travail mental quotidien des gens ordinaires" offre une résistance et est "[...] capable de critiquer l'ordre régnant tout en expérimentant de nouveaux styles de politique identitaire".
L'exposition Terre Natale à La Fondation Cartier présente au sous-sol trois dispositifs à la fois vides de sens et très instructifs.
Une vidéo montre Paul Virilio parler en 3 mn des migrations de masse des peuples les plus démunis, les dits "nomades", tandis que les sédentaires se déplacent en avion derrière leurs laptops et ne foulent que les aéroports, les gares, les non-lieux. Aux riches l'écran, aux pauvres le réel vraiment réel.
Suspendus au plafond, une myriade d'écrans Imac diffusent des images qui semblent connectées à Internet, des images d'actualité, de foules, de guerre, je ne sais plus... C'est jolie. C'est insupportable.
Autre salle, autre dispositif : la planète Terre en 3D tourne dans une salle 360° et délivre un texte au fur et à mesure de sa progression. J'ai l'impression de rentrer dans un cercle où l'on hypnotise les gens. Je ressors aussitôt.
Par Anne Xiradakis,
jeudi 19 février 2009 à 10:16 ::Anne Xiradakis
que je me suis retrouvée dans un autre monde, un monde sans téléphone, sans msn, sans facebook, sans blog, etc.
Et, imagine même, que j'ai trouvé ça agréable...
Imagine, que j'étais dans un espace temps différent, dans une journée 9h de bus cahotant, assortie d'une nuit peu reposante dans un train...les priorités changent...manger, dormir, profiter...
Donc, une expérience forcée proche de celle de Julie Morel, ça fait prendre un peu de recul...et c'est nécessaire.
En ce qui concerne, ta réflexion sur les blogs, je pense qu'après trois-quatre ans d'euphorie des blogs...ils se transforment, moins de lecteurs, moins de visibilité...Plus de contenu ?
Ta lassitude dépasse là ! C'est n'est plus le post seul qui a une importance, mais l'ensemble du blog comme entité qui a un intérêt.
Reprenons notre conversation de façon intense...
Une image de voyage que je pourrais titrer : Vue du bus, pèlerinage, éoliennes.
Par karine,
dimanche 15 février 2009 à 19:16 ::Anne Xiradakis
Chère Anne,
13 jours entre mon dernier billet et le tien.
Chaque jour je retourne sur tchatchhh, cette interface commune que je partage pour un temps, et je fais l'expérience de l'attente.
Enfin, tu postes deux lignes d'un grand dénuement. Depuis l'Inde, sans accents.
J'étais prévenue. Tu es partie le 29 janvier et ce voyage allait interférer avec notre conversation.
Je mesure ma déception.
Cependant, ta réponse me donne l'occasion de répondre à Djamel Kokene.
J'ai eu, il y a peu de temps, une conversation avec Djamel au sujet de tchatchhh.
Djamel est artiste et un ami qui me livre sa pensée sans détours.
Cette conversation a débuté quand il a commencé à dire que tchatchhh n'était qu'un blog. J'insiste sur le caractère négatif. Or, si tchatchhh emprunte son dispositif au blog, il détourne son usage en recréant de l'expérience humaine et de la parole dans le contexte du web, c'est à dire avec le langage multimédia. Il part notamment d'une expérience de blogging classique que je pratique toujours mais que j'ai de plus en plus de mal à tenir par manque de désir certainement.
Le blog n'est que l'outil commun permettant l'hétérogénéité des sujets et des langages, mais il est nécessaire comme plateforme technique accessible et lisible. On peut dire que l'outil et sa pratique ont permis l'usage artistique que j'en fais aujourd'hui.
Je partage mon temps avec une personne; si éloignée soit elle, elle devient en réalité très proche car la conversation est présente au quotidien.
L'Inde est bien éloigné et heureusement que ça marche encore comme ça.
La déception fait partie de cette expérience.
Je ne pourrai cependant pas tenir indéfiniment ce monologue jusqu'au 28 février et d'ailleurs c'est toi qui dois avoir le dernier mot.
Par Anne Xiradakis,
jeudi 12 février 2009 à 14:23 ::Anne Xiradakis
Kerala, bateau a fond plat, feuille de curry mangee au pied du buisson.
Soir, diner dans le noir, bruit des vagues : coques cuisinees aux feuilles de curry.
Par karine,
dimanche 11 janvier 2009 à 12:22 ::Anne Xiradakis
En guise de présentation Anne Xiradakis m'a donné des images et un texte :
Café éphémère 08, Tokyo, novembre 2007 -
Restaurant Alinéa, Chicago -
Recette Pierre Gagnaire d’après les recherches d’Hervé This
Carotte écorce d’orange
- 100 g. de carotte brute juste lavée (avec la peau)
- 1 orange non traitée
- 100 g. d’huile d’olive
- 1 pincée de sel
Peler l’orange à l’économe pour ne conserver que la peau ; Mettre à sécher ces peaux jusqu’à ce qu’elles deviennent cassantes dans une étuve à 80° ; Mixer à la cutter le plus fin possible les 100 g. de carottes, les 100 g. d’huile d’olive et la pincée de sel ; laisser infuser une nuit au frais. Peser 5 g. d’écorce d’orange dans un mortier et les réduire en poudre très fine ; Ajouter les 50 g. d’huile de carotte petit à petit en continuant de travailler dans le mortier avec le pilon jusqu’à obtenir une pâte presque liquide.
Réglisse, noisettes torréfiées
- 20 g. de sucre
- 20 g.de noisette sans la peau
- 20 g. d’huile de noisette
- 3 pointes de couteau de réglisse en poudre environ 1 g.
Faire torréfier les noisettes dans un four à 150° ; Mettre les noisettes, le sucre et la réglisse dans un mortier et réduire le tout en une poudre très fine ; Ajouter goutte à goutte l’huile de noisette en continuant de travailler avec le pilon jusqu’à obtenir une pâte lisse homogène et souple.
Elles peuvent avoir comme support un toast de seigle, de brioche. La première idée accompagnerait des moules bouchot poêlées, La deuxième, des mirabelles compotées au sirop d’érable et cumin.