Depuis avril 2008, j'invite des personnes à converser avec moi dans cet espace que j'ai appelé tchatchhh. J'invite des personnes - que je connais ou pas - à faire l'expérience d'une conversation sans jamais savoir par avance quelle en sera la teneur. Je laisse à mon invité(e) le soin de formuler le premier mot avec le matériau de son choix. Ni lui ni moi ne savons ce qu'il advient par la suite car la conversation s'écrit au présent. tchatchhh est mouvant et son usage n'est pas celui attendu. tchatchhh s'écrit comme se prononce et laisse place à la complexité de la langue. tchatchhh m'accompagne au quotidien comme un intrus. Tout dépend de mon invité(e) et de ce qu'il a à dire. La fin d’une conversation en annonce une autre et devient une toute autre expérience.
Protocole / J'invite quelqu'un ou quelqu’un peut décider d’être invité. Nous nous donnons rendez-vous pour une conversation sur tchatchhh. S'il le souhaite, mon invité(e) peut garder l'anonymat et prendre alors le pseudonyme de son choix. Une conversation a une durée variable fixée à l'avance par mon invité(e). Elle peut se dérouler en un jour, une nuit, une semaine ou un mois, l’important est de débuter à la date prévue. La fin se fait sans préavis à la date affichée dans le premier billet. En préambule, je publie un message pour annoncer la conversation et présenter mon invité(e). En guise de présentation, mon invité(e) fait un petit don de sa personne en envoyant une image, un mot, un CV, un son ou tout autre document faisant office de présentation. Mon invité(e) commence la conversation. Il peut utiliser des mots, des sons et des images en accédant aux outils de l’interface avec un login et mot de passe. Mon invité(e) peut publier plusieurs billets par jour, voire par heure, mais il doit attendre ma réponse avant de publier le suivant. Les commentaires demeurent ouverts. Chaque conversation est archivée au nom de mon invité(e).

dimanche 28 février 2010

(14)

(14) Pourrais-tu décrire l'image qui te vient à l'esprit au sujet de cette semaine conversationnelle ?

samedi 27 février 2010

(13 et 1/2)

"Le concept-clé est celui du saisissement ou du choc (ekplèxis) qu'engendrent les apparitions (phantasiai)." : il est tard !

vendredi 26 février 2010

(13)

(13) Seishi Yamaguchi

Un insecte remue
Des rides naissent
En nombre sur l'eau

(12)

(12) par « transformations de détail », je souligne qu’il n’est pas convenable de restreindre son champ d’action à d’infimes transformations de la situation en place (les éditions successives de La Force de l’Art = « un peu moins rouge », « un peu plus grand », « un peu plus social », …), il faut rompre, c’est une vision globale qui doit être transformée (pas « renouvelée, encore une fois »), — renoncer au public, à l’exposition, à l’objet d’art —, cela dit, je crois comprendre dans ta (11) que tu défends le micro événement, la frappe chirurgicale, modeste mais prégnante, et si c’est le cas, je te suis… « détail », dans ma (10) était synonyme de « renoncement », s'en tenir à…

jeudi 25 février 2010

(11)

(11) Avec quelles compétences est-il possible d'agir aujourd'hui et ne penses-tu pas que les détails, quand il y a sans relâche récidive, peuvent quand même transformer les choses à une échelle qui, de toute façon, restera modeste étant donné nos domaines d'action ?

(10)

(10) copié-collé-développé : je te fournis ici quelques précisions, « AUTEUR EN COLLECTIF » : c’est Jean-Claude Moineau qui m’avait indiqué cet excellent texte de Jean-Louis Weissberg /// « PROGRESSER SANS CROÎTRE » : l’expression me vient d’un texte fameux, « La décroissance », de Georgescu-Roegen, je cite souvent cette phrase pour rappeler qu’il faut armer d’un signe « moins » l’affirmation de Douglas Huebler, « Je ne veux rien ajouter à tout ce qui existe déjà. », pour obtenir mon credo : « BEAUCOUP PLUS DE MOINS ! » /// [...], « œuvrer sans produire d’œuvres d'art » : cette phrase n’est pas de moi, je dirais plutôt : « OPÉRER CONTRE PRÉSENTER », pour souligner qu’aujourd’hui l’exposition est, à mon sens, un format résolument obsolète, terriblement « bas de plafond », et qu’agir dans l’art avec les compétences de l’art n’a strictement plus aucun intérêt si l’on souhaite dépasser le stade des transformations de détail (s’adresser à la société dans son ensemble, a.k.a. : « distiller une éthique qui exhorte au danger ») /// « ne signer jamais seul » : j’aime l’idée !, mais la phrase n’est pas de moi ou semble dérivée de propos que j’ai pu tenir, où ça ? /// « ne pas exposer, même quand il participe à une exposition » : encore une interprétation que je trouve intéressante, sans savoir précisément à quoi la relier /// SANS IDENTITÉ D'ART : fondamental me semble être le fait de pouvoir s’accorder à tous moments la liberté de choisir s’il y a lieu d’agir « avec ou sans identité d’art », Jean-Claude, encore, qui, décidément, commençait ce 10e …

mercredi 24 février 2010

(9)

(9) copié-collé : « auteur en collectif », « progresser sans croître », [...], « œuvrer sans produire d’œuvres d'art », « ne signer jamais seul », « ne pas exposer, même quand il participe à une exposition » : un artiste sans identité d'art ?

(8)

(8) Temporaire !

(7)

(7) activité, bref, animation, court, autobiographie, échappé, croûte, éphémère, destin, errant, destinée, évadé, dynamisme, évanescent, entrain, fugace, existence, subsistance, survie, passager, vigueur, vitalité, vivacité, fuyard, rapide, temporaire ?

mardi 23 février 2010

(6.2)

(6.2) « [...] cette ville à travers laquelle je cours, pour effroyable qu'elle me paraisse et m'ait toujours paru, est décidément quand même la meilleure ville pour moi, cette Vienne que j'ai toujours haïe est quand même tout à coup de nouveau pour moi la meilleure, ma meilleure Vienne, et ces gens que j'ai toujours haïs et que je hais et que je haïrai toujours sont quand même les meilleurs pour moi, je les hais mais ils sont émouvants, je hais Vienne mais Vienne est quand même émouvante, je maudis ces gens mais je suis quand même forcé de les aimer, // MOUVEMENT (DEVENIR), voir « vie » et « fugitif » // je hais Vienne mais je suis quand même forcé de l'aimer, et je pensai, tandis que je courais déjà à travers le centre ville, cette ville est quand même ma ville et elle sera toujours ma ville, et ces gens sont mes gens et seront toujours mes gens, et je courais et courais et pensais que j'avais aussi échappé, entre autres choses épouvantables, à cet épouvantable prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse et que j'allais écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, quoi, je n'en savais rien, mais quelque chose là-dessus, tout simplement, et je courais et courais et pensai, je vais immédiatement écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, peu importe quoi, uniquement écrire quelque chose sur ce dîner artistique dans la Gentzgasse, mais immédiatement et sans délai, immédiatement, pensai-je, sans délai, pensai-je encore et encore tout en courant à travers le centre ville, immédiatement et sans délai et immédiatement et immédiatement, avant qu'il ne soit trop tard. »

(6)

(6) Thomas Bernhard

"[...] cette ville à travers laquelle je cours, pour effroyable qu'elle me paraisse et m'ait toujours paru, est décidément quand même la meilleure ville pour moi, cette Vienne que j'ai toujours haïe est quand même tout à coup de nouveau pour moi la meilleure, ma meilleure Vienne, et ces gens que j'ai toujours haïs et que je hais et que je haïrai toujours sont quand même les meilleurs pour moi, je les hais mais ils sont émouvants, je hais Vienne mais Vienne est quand même émouvante, je maudis ces gens mais je suis quand même forcé de les aimer, je hais Vienne mais je suis quand même forcé de l'aimer, et je pensai, tandis que je courais déjà à travers le centre ville, cette ville est quand même ma ville et elle sera toujours ma ville, et ces gens sont mes gens et seront toujours mes gens, et je courais et courais et pensais que j'avais aussi échappé, entre autres choses épouvantables, à cet épouvantable prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse et que j'allais écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, quoi, je n'en savais rien, mais quelque chose là-dessus, tout simplement, et je courais et courais et pensai, je vais immédiatement écrire quelque chose sur ce prétendu dîner artistique dans la Gentzgasse, peu importe quoi, uniquement écrire quelque chose sur ce dîner artistique dans la Gentzgasse, mais immédiatement et sans délai, immédiatement, pensai-je, sans délai, pensai-je encore et encore tout en courant à travers le centre ville, immédiatement et sans délai et immédiatement et immédiatement, avant qu'il ne soit trop tard."

(5)

(5) grrrr !, dans le contexte resserré qu’offre la littérature politique, ta réponse marquante me semble donner une résonnance particulière au débris suivant : « […] et, comme j’ai dit plus haut, ne pas s’écarter du bien, s’il le peut, mais savoir entrer dans le mal, s’il le faut. »

(4)

(4) Shiki Masaoka

J'épluche une poire
Du tranchant de la lame
Le goutte à goutte sucré

lundi 22 février 2010

(3)

(3) XIAO LI CANG DAO / Cacher un couteau derrière un sourire (dixième stratagème) : « la dureté se cache sous la douceur » ?

(2)

(2) les japonais disent "hi", qui se prononce comme un [aïe] aspiré et s'entend comme un oui dans notre langue, pour dire NON; ce qui m'a toujours troublé.

(1)

(1) te voir (très librement) réagir à des extraits de textes que j'apprécie comme : « [...] ce à quoi on dit NON n’est jamais l’ennemi véritable [...] ».

jeudi 18 février 2010

conversation avec Jean-Baptiste Farkas du lundi 22 février au lundi 1er mars 2010

En guise de présentation Jean-Baptiste Farkas m'a donné une phrase :

Jean-Baptiste Farkas, Glitch, IKHÉA©SERVICES, Amicale de la biennale de Paris.

lundi 1 février 2010

et le dernier mot sera


Nous ne pouvons pas vivre hors du texte, même les animaux.

Le texte, c’est l’esprit du lieu.

C’est une extraordinaire patience ou passion à nommer, jusqu’aux modes d’expression sonore de chaque animal.

Chaque fois, le texte procède par extraction de forme, ce qui nous impacte tout autant à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Pas comme une dissection, qui est trop violente. Mais c’est une nouvelle couche de nature non-naturelle.

Ce qui nous rend pour la plupart un peu raide, voire maladroit.

Et pourtant ces extractions sont de toute luxuriance, composées de moult correspondances et cadrages qui cherchent à nous apostropher toujours plus.

Pour nous débusquer.

Derrière nos nombreuses métamorphoses – toutes des échappatoires à la hauteur de nos yeux, symptômes régressifs ou épanouissements, selon – se trouve un territoire ouvert à l’altérité.