Depuis avril 2008, j'invite des personnes à converser avec moi dans cet espace que j'ai appelé tchatchhh. J'invite des personnes - que je connais ou pas - à faire l'expérience d'une conversation sans jamais savoir par avance quelle en sera la teneur. Je laisse à mon invité(e) le soin de formuler le premier mot avec le matériau de son choix. Ni lui ni moi ne savons ce qu'il advient par la suite car la conversation s'écrit au présent. tchatchhh est mouvant et son usage n'est pas celui attendu. tchatchhh s'écrit comme se prononce et laisse place à la complexité de la langue. tchatchhh m'accompagne au quotidien comme un intrus. Tout dépend de mon invité(e) et de ce qu'il a à dire. La fin d’une conversation en annonce une autre et devient une toute autre expérience.
Protocole / J'invite quelqu'un ou quelqu’un peut décider d’être invité. Nous nous donnons rendez-vous pour une conversation sur tchatchhh. S'il le souhaite, mon invité(e) peut garder l'anonymat et prendre alors le pseudonyme de son choix. Une conversation a une durée variable fixée à l'avance par mon invité(e). Elle peut se dérouler en un jour, une nuit, une semaine ou un mois, l’important est de débuter à la date prévue. La fin se fait sans préavis à la date affichée dans le premier billet. En préambule, je publie un message pour annoncer la conversation et présenter mon invité(e). En guise de présentation, mon invité(e) fait un petit don de sa personne en envoyant une image, un mot, un CV, un son ou tout autre document faisant office de présentation. Mon invité(e) commence la conversation. Il peut utiliser des mots, des sons et des images en accédant aux outils de l’interface avec un login et mot de passe. Mon invité(e) peut publier plusieurs billets par jour, voire par heure, mais il doit attendre ma réponse avant de publier le suivant. Les commentaires demeurent ouverts. Chaque conversation est archivée au nom de mon invité(e).

jeudi 25 décembre 2008

conversation avec V. la nuit du vendredi 2 janvier 2009 de 20h à 6h

En guise de présentation V. m'a donné une image et un texte :


"A l'état de veille, j'étais aussi indéfini, aussi déchiré qu'en rêve. Je venais de franchir le Rubicon de la trentaine, j'avais passé un certain seuil, les papiers d'identité et les apparences extérieures faisaient de moi un homme mûr - que je n'étais pas - mais qu'étais-je donc ? Un homme de trente ans qui jouait au bridge ? Un homme qui travaillait à l'occasion et par intermittence, qui s'acquittait des petites activités courantes et avait des échéances ?
Quelle était ma situation ? J'allais dans les cafés et dans les bars, je rencontrais des gens et échangeaient avec eux des paroles, parfois même des pensées, mais mon état restait peu clair et je ne savais pas moi-même où était l'adulte et où était le blanc-bec. Ainsi, à ce tournant des années, je n'étais ni ceci, ni cela, je n'étais rien et les gens de mon âge, qui étaient mariés et occupaient déjà une position bien définie (sinon devant la vie, du moins dans l'administration), me traitaient avec une méfiance justifiée. (....)

- (...) Si tu ne veux pas devenir un homme de l'art, sois au moins un homme à femmes ou un homme de cheval, mais au moins qu'on sache à quoi s'en tenir... Qu'on sache à quoi s'en tenir...

(...)
En fait, cette situation ne pouvait durer éternellement. A l'horloge de la nature, les aiguilles avançaient implacables. Quand eurent percé mes dernières dents, les dents de sagesse, il fallut réfléchir. L'évolution était accomplie, le moment était venu de l'inévitable meurtre, l'homme fait devait tuer le garçon inconsolable, puis s'envoler comme un papillon en abandonnant la chrysalide. Quittant les brumes, le chaos, les troubles effusions, les tourbillons, les courants et les tumultes, les roseaux et les coassements de grenouille, je devais revêtir des formes claires, stylisées, me peigner, m'arranger, entrer dans la vie sociale des adultes et discuter avec eux."

Ferdydurke, Witold Gombrowicz

mardi 9 décembre 2008

うなぎ

J'aurais aimé trouver la scène de bataille (magnifique et drôle, très drôle) qui se trouve à la fin de "L'anguille" de Shohei Imamura, mais je n'ai trouvé que la bande annonce... La voici.
Version Francaise plus bas.



lundi 8 décembre 2008

le cru et le cuit

Le cuisinier (qui ne cuit rien du tout) prend une anguille vivante, lui fiche une longue pointe dans la tête et la râcle, la dépiaute. Cette scène preste, humide (plus que sanglante), de petite cruauté, va se terminer en dentelle. L'anguille (ou le fragment de légume, de crustacé), cristallisée dans la friture, comme le rameau de Salzbourg, se réduit à un petit bloc de vide, à une collection de jours : l'aliment rejoint ici le rêve d'un paradoxe : celui d'un objet purment interstitiel, d'autant plus provoquant que ce vide est fabriqué pour qu'on s'en nourrisse (parfois l'aliment est construit en boule, comme une pelote d'air).
Roland Barthes

samedi 6 décembre 2008

A table!






jeudi 4 décembre 2008

avoir les yeux plus gros que le ventre

mercredi 3 décembre 2008

Mordre la poussière

J'aime bien la viande, j'aime bien ces images kitchs et saturées des magazine des années 70-80, j'aime bien le souvenir de ma maman le dimanche feuilletant ces fiches de cuisine, j'aime bien l'odeur du gigot grillé avec sa touche de romain qui envahissait l'appartement à chaque fois que l'on ouvrait la porte de la cuisine et que ma mère criait "Ferme la porte, ça va sentir partout!", j'aime bien quand la fiche de cuisine tirés de la boite révélait un gâteaux et que ça sentait bon dans tout l'appartement, parce que l'on s'en foutait que ça sente le gâteau dans tout l'appartement, j'aime bien quand à table on se chamaillait les bouts grillés avec mon frère .... j'aime bien mordre la poussière, et puis je t'aime, mais ça on s'en fout.

mardi 2 décembre 2008

conversation avec Julie Morel du mardi 2 décembre au mardi 9 décembre