Karine
Je commence aujourd'hui ce dialogue avec toi, et le début de notre conversation clôture ma semaine de "Without interfaces"
J'ai donc passé une semaine à communiquer sans interfaces. Pas de téléphone, pas de sms, pas de mails, ni de skype ou de facebook...
Au delà du caractère un peu compliqué de la chose au niveau social - que je laisse de côté - ça a été surtout une semaine sans dialogues écrits.
L'expérience, plutôt banale somme toute, mais consciente, des mots sans matérialités (ce qu'ils ont quand ils sont imprimés, écrits sur un papier, où dans leur présence sur l'écran).
Un temps consacré à la parole immédiate et sonore, aux mots qui raisonnent, aux mots qui me possèdent plus que je ne les possède. Ceux qui sortent de mon corps mais qui n'ont pas eux-mêmes de corporalités... qui dès que je les forme, m'échappent.
Si j'exagèrerais un peu, je dirais : presque une expérience de cette dimension traumatique que peut-être la voix... (tu sais comme quand on écoute notre parole enregistrée, et qu'elle semble ne pas nous appartenir...).
C'est donc avec un certain soulagement et un réel plaisir que j'écris aujourd'hui, et pourtant, ce retour à la textualité n'a pas été sans un acte/un RDV manqué, puisque nous commençons cet échange en retard d'une journée.