Depuis avril 2008, j'invite des personnes à converser avec moi dans cet espace que j'ai appelé tchatchhh. J'invite des personnes - que je connais ou pas - à faire l'expérience d'une conversation sans jamais savoir par avance quelle en sera la teneur. Je laisse à mon invité(e) le soin de formuler le premier mot avec le matériau de son choix. Ni lui ni moi ne savons ce qu'il advient par la suite car la conversation s'écrit au présent. tchatchhh est mouvant et son usage n'est pas celui attendu. tchatchhh s'écrit comme se prononce et laisse place à la complexité de la langue. tchatchhh m'accompagne au quotidien comme un intrus. Tout dépend de mon invité(e) et de ce qu'il a à dire. La fin d’une conversation en annonce une autre et devient une toute autre expérience.
Protocole / J'invite quelqu'un ou quelqu’un peut décider d’être invité. Nous nous donnons rendez-vous pour une conversation sur tchatchhh. S'il le souhaite, mon invité(e) peut garder l'anonymat et prendre alors le pseudonyme de son choix. Une conversation a une durée variable fixée à l'avance par mon invité(e). Elle peut se dérouler en un jour, une nuit, une semaine ou un mois, l’important est de débuter à la date prévue. La fin se fait sans préavis à la date affichée dans le premier billet. En préambule, je publie un message pour annoncer la conversation et présenter mon invité(e). En guise de présentation, mon invité(e) fait un petit don de sa personne en envoyant une image, un mot, un CV, un son ou tout autre document faisant office de présentation. Mon invité(e) commence la conversation. Il peut utiliser des mots, des sons et des images en accédant aux outils de l’interface avec un login et mot de passe. Mon invité(e) peut publier plusieurs billets par jour, voire par heure, mais il doit attendre ma réponse avant de publier le suivant. Les commentaires demeurent ouverts. Chaque conversation est archivée au nom de mon invité(e).

lundi 16 juin 2008

surexposition



Cher Jean-Jacques,
l'anonymat peut être une force. C'est ainsi que nous l'avions envisagé en concevant Rencontre Service. Dégagées des déterminismes sociaux, les personnes qui s'inscrivent au catalogue jouent avec leur identité et s'inventent des personnages. Une manière d'injecter à la réalité un peu de fiction et beaucoup d'amusement. Je tiens à cette liberté. Pour ma part, je me suis souvent cachée derrière ce que je faisais car je préfère mettre en avant mes activités. C'est l'expérience générée qui m'importe, inventer des espaces de liberté entre les systèmes. Cela dit, Internet surfe aussi sur la vague des identités multiples. Facebook et les autres ne font qu'exacerber ce qu'Internet porte depuis le début. Les identités multiples sont aujourd'hui une précieuse possession et un puissant outil de marketing. Plus on possède d'avatars plus on est riche ;) !
L'image et le titre de ce billet sont inspirés de l'exposition Surexposition: Duchamp, Man Ray, Picabia - Sexe, Humour et Flamenco imaginée par Jean-Hubert Martin. L'art est souvent sur-exposé et ses auteurs avec. Avec cette exposition, qui a eu lieu au Passage de Retz à Paris, Jean-Hubert Martin nous offre le plaisir de (re)voir des pièces (la plupart ne sont pas des œuvres) qui mettent en jeu les trois compères. Le jeu, car c'est vraiment de cela dont il s'agit, est omniprésent. L'image collée ici fait partie de cette collection et représente Marcel Duchamp couvert de savon à barbe photographié par Man Ray. Marcel Duchamp s'est beaucoup amusé à se jouer de l'art et des artistes en revêtant de multiples visages.
Au plaisir du prochain billet,
bises.

Le son et l'image


Chère Karine,
en t'envoyant la photo de ma pomme (bloggant), parce que j'aime bien savoir qui parle ou intervient lorsque je lis des blogs, des articles, des livres, et la chanson Radio Silence du disque Carton (1997) enregistrée avec ma voix pour qu'on mette un son sur ce corps et ce visage, j'ajoutai que l'anonymat est un paramètre que j'apprécie peu sur le Net.
Je cherche la transparence, le politiquement incorrect s'il le faut, pour faire sortir les cadavres des placards autant que possible... Il est nécessaire d'avoir le courage de ses actes comme de ses positions intellectuelles ou morales. Certains y verront peut-être du nombrilisme, il y en a, mais ce n'est pas le sujet, derrière il y a l'objet et c'est ce qui compte. Le verbe fait le joint. Dans mes billets, alternent systématiquement ces trois paramètres qui font syntaxe. Polymorphe, multimédia, pluraliste, je ne vis(e) que le changement d'angle, d'autres manières de voir et d'écouter...
La porte qui s'ouvre sur la jungle représente un rêve d'enfant, parce que je ne me vois pas autrement et qu'aucun son ne me fait plus d'effet que ceux des autres espèces.
Bises,
Jean-Jacques