Cher Jean-Jacques,
l'anonymat peut être une force. C'est ainsi que nous l'avions envisagé en concevant Rencontre Service. Dégagées des déterminismes sociaux, les personnes qui s'inscrivent au catalogue jouent avec leur identité et s'inventent des personnages. Une manière d'injecter à la réalité un peu de fiction et beaucoup d'amusement. Je tiens à cette liberté. Pour ma part, je me suis souvent cachée derrière ce que je faisais car je préfère mettre en avant mes activités. C'est l'expérience générée qui m'importe, inventer des espaces de liberté entre les systèmes. Cela dit, Internet surfe aussi sur la vague des identités multiples. Facebook et les autres ne font qu'exacerber ce qu'Internet porte depuis le début. Les identités multiples sont aujourd'hui une précieuse possession et un puissant outil de marketing. Plus on possède d'avatars plus on est riche ;) !
L'image et le titre de ce billet sont inspirés de l'exposition Surexposition: Duchamp, Man Ray, Picabia - Sexe, Humour et Flamenco imaginée par Jean-Hubert Martin. L'art est souvent sur-exposé et ses auteurs avec. Avec cette exposition, qui a eu lieu au Passage de Retz à Paris, Jean-Hubert Martin nous offre le plaisir de (re)voir des pièces (la plupart ne sont pas des œuvres) qui mettent en jeu les trois compères. Le jeu, car c'est vraiment de cela dont il s'agit, est omniprésent. L'image collée ici fait partie de cette collection et représente Marcel Duchamp couvert de savon à barbe photographié par Man Ray. Marcel Duchamp s'est beaucoup amusé à se jouer de l'art et des artistes en revêtant de multiples visages.
Au plaisir du prochain billet,
bises.