tchatchhh est un blog à deux. Je le partage avec quelqu’un d’autre que j’invite pour un temps à converser. La conversation peut être brève ou longue, textuelle ou sonore, tout dépend de la langue choisie par mon invité(e). Une image contre une autre, un son contre un autre, tout se dit en direct et se déplace avec le ton du dialogue en cours. tchatchhh est un blog mouvant et instable qui se nourrit de conversations. La fin d’une conversation en annonce une autre et devient une toute autre expérience. tchatchhh s'écrit comme se prononce.
Consultez le mode d'emploiici.
Par Cyril Thomas,
dimanche 17 août 2008 à 14:50 ::Cyril Thomas
Singapour version SL… assez proche d'une réalité touristique
Il est sans doute plus facile de photographier Second life que la véritable ville...
Y a une part de fascination à rester des heures et des heures rivé devant un petit écran, à suivre les aventures et mésaventures de nos héros favoris. J’aime aussi cette série, que j’ai regardé d’un bloc lorsque les dvds furent disponibles. Je déteste suivre les séries à la télé, car il y a trop de coupures publicitaires et en plus la dynamique joue sur l’impatience et le fait d’être disponible le même jour, à la même heure, la semaine suivante devant ton écran.
Etrange de penser cela aujourd’hui car j’ai passé une partie de ma vie à être scotché devant. La bonne époque de Série club, Canal Jimmy, et autres….J’ai développé un intérêt tout particulier pour les cross-over, lorsque les héros d’une série rencontrent les héros d’une autre série : le premier que j’ai vu et revu en boucle c’est l’épisode mettant en scène," Homme qui valait trois milliards" (Le générique en guise de madeleine, ici) avec "Super Jaimie", un petit clip racontant leur histoire :
C’est débile mais le fait de raccrocher le héros avec un hypothétique passé, renforce le caractère du personnage, par moment ça change même la construction narrative de l’épisode… donnant quelques perles, cf. "Les C.S.I".
Les spin-offs m’ont fait réfléchir longtemps comme celui de "Booker" avec "21 Jump Street", peut être est ce l'inverse ? C’est pas tout jeune !! C'est un peu un principe d'addiction... Pouvoir, vouloir, transporter les mêmes spectateurs de l'une à l'autre création
Connais-tu cette série"Oz" ? Série très bien construite, sorte de huis clos, passablement violent, qui dépeint l'univers carcéral. As tu déjà regardé "Weeds" ? l'interprétation musique du générique change à chaque épisode. Bonne trouvaille, non ?
Un zapping sélectif de narrations durant mon séjour à Singapour :
"(Krapp jure, débranche l’appareil, fait avancer la bande, rebranche l’appareil)
-mon visage dans ses seins et ma main sur elle. Nous restions là, couchés sans remuer. Mais, sous nous, tout remuait, et nous remuait, doucement, de haut en bas, et d’un côté à l’autre.
Pause.
Passé minuit. Jamais entendu pareil silence. La terre pourrait être inhabitée."
« je me mis à répéter ce mot de débauche, sourdement, en me regardant les yeux, et tout à coups je me vis sourire»
« In the world in which I came of age the Party was the surface on which daily life took place »
« Nous avions tous les éléments d’un drame : un séducteur, une demi-mondaine et une femme de tête. »
« Elle resta assise regardant la goutte de sang sur son pouce jusqu’à ce que des cris dans la rue l’amènent aux fenêtres, des garçons (sans que l’on sache pourquoi toujours tous, des garçons) montant la colline en trînant les pieds sous elle sur des bouffées d’obscénités hardies tournant son dos en direction du palier de l’escalier, en bas reprenant souffle à une fenêtre de la rotonde »
« Most troublig were the fleeting signs that noting could transform any of this into something positive. »
Par karine,
mardi 12 août 2008 à 17:53 ::Cyril Thomas
La série qui m'a totalement conquise est, sans doute et de façon inégalable, Six feet under.
Elle débute par la mort de Nathaniel Fisher dirigeant d'une entreprise familiale de pompes funèbres. Par la suite, il apparaîtra régulièrement en sympathique fantôme comme son fils Nath, un personnage central, qui meurt subitement à son tour.
Cette série est passionnante, touchante et pose sans détour des questions de société liées au couple, au sexe et à la famille. Plus largement, elle aborde la mort avec simplicité et poésie.
Cette vidéo est la fin de la série. La fin de 63 épisodes. La fin de tous les personnages en 5 minutes. C'est inattendu et très triste. Pour comprendre, il faut voir tous les épisodes avant.
Plus haut, une autre famille, tu reconnaîtras.
Par Cyril Thomas,
mardi 5 août 2008 à 09:17 ::Cyril Thomas
Je ne suis pas enclin à photographier les monuments, ni les îles, ni même mes promenades… Parce que je ne suis pas photographe, parce que mon téléphone avec lequel je faisais des photos est complètement hors service mais c est une juste une excuse bidon…En fait, je préfère les liens vers d autres images, celles-ci, ou celles-la. D autres ont pris le temps, de mitrailler le centre ville et ses alentours, petite selection via Flickr, ici, ici aussi ; pour un simple carnet de vues, c est la
Philippe Starck a t il construit ou non la boutique J-P. Gaultier a Singapour ? ça restera une énigme jusqu a mon retour!!
En tout cas, je me pose la même question que le Time Out : « Who is the new Singaporean ? » sans doute un mixte entre les touristes de passage, les hommes d’affaires pâlichons, fraîchement débarqués pour signer de nouveaux contrats….
Du coq a l ane! J’ai passé une bonne partie de la nuit à explorer les diverses chaînes de télévision, asiatiques, australiennes et américaines. Entre les multiples rediffusions de « Friends », de « My wife and kids », de « 30 rock » (série que j’adore), de Terminator: The Sarah Connor Chronicles, du jeu «The Moment of Truth »…. (Serait-il envisageable qu’un tel jeu soit programmé sur le réseau français ? C est une sorte action ou verite ou l action a disparu au profit d une verite, pas toujours bonne a dire sauf si l appat du gain vous motive !! Presentateur=confesseur de nos petites fautes et autres basses culpabilites jouant sur la cupidite des uns et sur l interet de l autre a savoir tous les petits secrets du voisin, non?), j’ai du visionner le clip de Mika «Big girls, you are beautiful », annonçant la soirée spéciale « Ugly Betty », une bonne dizaine de fois.
The big event est pour demain…
Je devine le plan suivant avant même qu’il arrive sur l’écran….Il faut que j éteigne le téléviseur, non ?
En dehors des séries made in us, traînent quelques télénovellas chinoises, indiennes, ou indonésiennes à faire pâlir de jalousie les scénaristes de « sous le soleil », tellement leurs intrigues sont alambiquées, complexes avec trahisons, meurtres, ruptures, liaisons torrides….
Par hasard, en zappant, je m’arrête sur deux chaînes dédiées aux sports, enfin à un sport en particulier : le Catch. Je connaissais le catch masculin, le catch féminin, à deux contre deux, trois contre trois, je découvert hier soir le catch mixte, ou en couple…. L interet des programmes de nuit, c est qu il ne respecte pas l ordre chronologique, du coup j ai assiste, a une rupture, puis a la ceremonie de mariage, sur le ring et a deux matchs de coequipiers qui sont maintenant en lutte pour je ne sais quelle ceinture.... Bien envie de relire Barthes!!!
Par karine,
lundi 4 août 2008 à 15:38 ::Cyril Thomas
Je retourne explorer la ville qui en dehors des zones très touristiques, possède un charme indéniable où se mélangent des temples, des buildings high-tech, des demeures précaires .......
Oui, c'est comme cela au Japon aussi. Particulièrement à Tokyo.
Je suis allée visiter une petite partie de ce pays il y a 9 ans. Puisque cette conversation prend la direction du récit de voyage, je livre ici quelques impressions du mien.
En parcourant les photographies de mon exploration nippone, je constate que je n'ai que très peu d'images de la ville que tu décris. Je me souviens que je n'avais pas su quoi cadrer tellement les détails submergeaient le paysage.
Tokyo est enivrante !
Par Cyril Thomas,
samedi 2 août 2008 à 13:17 ::Cyril Thomas
Petites impressions ici et là de cette ville très étrange...
A croire que tous les pays se mettent au diapason des jeux vidéos ….
Arrivé donc à Singapour ; trop de choses à dire sur cette ville qui camoufle son côté anarchique, sa pauvreté, sa misère par un centre ville proche qui rappelle le monde merveilleux de la souris aux grandes oreilles, idole des petits et des grands. Malgré tout de très belles architectures à découvrir…..
Quelques instantanés glanés et pour commencer
comme dirait Nicolas T. , après « internet explorer, c’est Singapour explorer »
Un David en dentelle rose
Basculons dans les expositions, Singapour regorge de petites galeries et autres centres à découvrir absolument.
« Lucie Fields Media Artworks » (expositions d’artistes suisses) au labs lasalle college of art, plusieurs séries de performances ( en trois temps distincts) dont celle de Hina Strüver and Matthias Wüthrich, artistes, grimpeurs, ou l’art de l’escalade écologique artistique ….
C’est l’action de l’homme sur la nature qui est mise à l’index avec leur Regrowing eden (2007-2008), sorte de jardin hypothétique, lié à l’interprétation du génome d’une plante et celui plus métaphorique lors de leurs interventions in-situ : jardin éphémère !!! Même si la première performance laissait le spectateur un peu dubitatif.
L’analogie entre la bande jaune (qui n’est pas sans rappeler les barrières plastiques ‘don’t cross’ aux USA) et une plante, une liane, où tout autre élément organique croissant et envahissant fonctionne bien. Il faut du temps pour comprendre que les bandes jaunes, d’abord toutes reliées entre elles dans un informe nœud, va se modifier de performances en performances, venir squatter la façade du lieu, transformer, contraindre l’espace visuel. Au cours de leur seconde intervention, ils en étendent plusieurs, reliant le nord au sud, traversant la fontaine etc. Lors de la dernière, ils ont joué avec les niveaux, ainsi des bandes s’entrecroisent, viennent presque toucher le gazon ….
Projet à découvrir avec une série de photographies retraçant les diverses autres performances, ici...
Autre lieu direction Secondlife, avec le projet d’une artiste brésilienne, Martha Carrer Cruz Gabriel sur la peau, SKINdoscope.
Sur Sl on croise effectivement des créatures, des monstres, des hybrides, des personnages tout droit sortis des dessins animés nippons, des mangas, des supersheroes us, mais également des personnages littéraires. Peut-être existe-t-il une madame Bovary sur Sl ?
Un autre projet particulièrement intrigant, qui revisite une nouvelle fois les classiques du cinéma, lavomatic culture bis, mais qui peut déboucher sur une forme nouvelle... Forever Vertov!!!
Je retourne explorer la ville qui en dehors des zones très touristiques, possède un charme indéniable où se mélangent des temples, des buildings high-tech, des demeures précaires .......
Par karine,
dimanche 27 juillet 2008 à 16:30 ::Cyril Thomas
A quoi bon recycler ce qui a déjà été fait et se contenter de le remettre en circulation sur SecondLife ou ailleurs ? Quel sens y a-t-il à rejouer l'histoire de l'art sans y ajouter le moindre commentaire ?
J'aimerais, au contraire, qu'il y ait dénaturation !
SecondLife semble déjà recycler la vie telle que nous la vivons en exacerbant les côtés les plus sordides : monde hyper-capitalistique et pornographique, à ce qu'on dit.
Pourquoi les avatars sont si "beaux" ? N'y-a-t-il pas des monstres ? Je trouve cette série de portraits, dont est issue l'illustration de ce billet, plutôt conventionnelle.
Pour terminer sur une note electro pop japonaise plus barrée, je t'invite à écouter Hikashu, un projet de Makigami Koichi.
Par Cyril Thomas,
lundi 21 juillet 2008 à 10:46 ::Cyril Thomas
billet sous le signe d'une petite song....
Bien évidemment, SecondLife permet à tout à chacun, de se balader, mais pas de flâner... rare de se perdre sur SL, trop de map et trop d'endroits inaccessibles,
Dans le Paris de 1900,
ou dans le quartier rouge d’Amsterdam,
Folklore du voyageur en mal de sensations...
Surtout revoir Berlin,
se souvenir des longues promenades dans la ville,
Visiter la quinzaine d'îles s'appelant Tokyo.
A chaque découverte d'un lieu, d'une île, tu mets à jour plusieurs pistes de réflexions concernant le devenir des formes, les stéréotypes.
Puis, en expérimentant, tu t'aperçois très vite que c'est également un lieu très ancré dans l'histoire actuelle donc, tu y trouves beaucoup de recyclage d'idées, de termes....
Reproduire le passé, avec une couleur futuriste, dans le présent du jeu.
J’aime beaucoup la manière dont Alain Della Negra et Kaori Kinoshita examinent minutieusement les pratiques, les échanges dans leurs films documentaires tout en dressant des cartographies … Je trouve d’ailleurs leur projet sur Burning Man assez surprenant, je l’ai écrit ici.
Autre œuvre, autre espace à mi chemin entre œuvre de fiction et documentaire, teinté de politique, Cao Fei, présentée au Plateau-Frac ile de France tout récemment.
Secondlife semble en ce moment le terrain à la réitération de certaines performances et d’une réécriture d’une partie de l’histoire de la performance, à titre d’exemple citons les performances du couple italien Eva et Franco Mattes, plus connu sous un pseudonyme qui en fait correspond à l’adressage de leur site internet : http://www.0100101110101101.org. Récemment, à Paris, lors du festival Exit 2008 qui se déroulait à la maison des arts de Créteil, il exécutait une performance originalement interprétée par Marina Abramovic et Ulay, intitulée Imponderabilia, et qui eut lieu à la Galleria Comunale d'Arte Moderna di Bologna, en juillet 1977. Leur performance sur le net, n’était pas une avant-première, prend forme dans un projet plus vaste, intitulé Synthetic performances où il réitère les performances phares des années 70, de Joseph Beuys, Gilbert and George, Chris Burden, Vito Acconci etc.
Participe t-il le participant sur Secondlife ? A partir de quelles archives, commentaires, récits élaborent-ils le cadre de leur performance ? N’y a-t-il pas une perte à réitérer des performances, qui avaient un sens transgressif ou qui avaient une valeur de manifeste ? Refaire, recycler et rendre les pièces encore plus polysémiques sans les dénaturer...
Par karine,
mercredi 16 juillet 2008 à 17:54 ::Cyril Thomas
Le "héros moderne" selon Baudelaire est l'individu solitaire errant dans la ville. Le flâneur du XIXe s rejoint le surfer de notre époque. Ils ont en commun la promenade et la solitude. Cependant, connecté et seul derrière son écran, le surfer se berce d'illusions. Qu'est-ce qu'une rencontre derrière un écran ?
Virilio a formulé cette critique : loin de connecter les hommes, le réseau ne fait que les éloigner davantage. Aujourd'hui, je cherche à rencontrer les gens derrière leurs écrans. Je me sers d'Internet pour cela, un peu comme August Sander l'a fait en son temps en photographiant les hommes du XXè s.
Il y a toujours un corps derrière un écran et mes photographies représentaient plus cette "présence physique" oubliée que l'ennui décelé. Mais c'est vrai, SecondLife n'a jamais piqué ma curiosité. Je suis plus intriguée par les documentaires d'Alain Della Negra et de Kaori Kinoshita qui entretiennent le trouble entre la personne et le personnage.
La vidéo fait partie de leur travail et relate un mariage entre deux femmes sur SecondLife alors que ces mêmes personnes sont un homme et une femme dans la "vraie" vie.
Par Cyril Thomas,
dimanche 13 juillet 2008 à 20:26 ::Cyril Thomas
L'ennui n'est pas intrinsèque à la pratique de Secondlife, comme toujours, il n'est qu'un moteur/facteur de l'histoire culturelle.....
Elle se demandait s’il n’y aurait pas eu moyen, par d’autres combinaisons du hasard, de rencontrer un autre homme ; et elle cherchait à imaginer quels eussent été ces événements non survenus, cette vie différente, ce mari qu’elle ne connaissait pas. Tous, en effet, ne ressemblaient pas à celui-là. Il aurait pu être beau, spirituel, distingué, attirant, tels qu’ils étaient, sans doute, ceux qu’avaient épousés ses anciennes camarades du couvent. Que faisaient-elles maintenant ? A la ville, avec le bruit des rues, le bourdonnement des théâtres et les clartés du bal, elles avaient des existences où le coeur se dilate, où les sens s’épanouissent. Mais elle, sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord, et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile dans l’ombre à tous les coins de son cœur. Elle se rappelait les jours de distribution de prix, où elle montait sur l’estrade pour aller chercher ses petites couronnes. Avec ses cheveux en tresse, sa robe blanche et ses souliers de prunelle découverts, elle avait une façon gentille, et les messieurs, quand elle regagnait sa place, se penchaient pour lui faire des compliments ; la cour était pleine de calèches, on lui disait adieu par les portières, le maître de musique passait en saluant, avec sa boîte à violon. Comme c’était loin, tout cela ! Comme c’était loin ! Elle appelait Djali, la prenait entre ses genoux, passait ses doigts sur la longue tête fine, et lui disait :
-Allons, baisez maîtresse, vous qui n’avez pas de chagrins. Puis, considérant la mine mélancolique du svelte animal qui bâillait avec lenteur, elle s’attendrissait et, le comparant à elle-même, lui parlait tout haut, comme à quelqu’un d’affligé que l’on console.
Madame Bovary, Gustave Flaubert (1856-1857)
Et parce que cet ennui, n’est pas seulement lié au repos dominical, ni à la fête nationale, on ne saurait trop relire quelques pages de Moravia, tout en écoutant « l’homme à la tête de choux »
Et si le cœur y est, si l’attente se fait angoisse, voire désespoir, déception de l’autre ou de soi, mieux vaux s’enfermer dans une salle obscure pour revoir le film de Kahn…
Parce que l’ennui n’est pas seulement qu’un thème littéraire, poétique (Baudelaire), philosophique (voir chez Heidegger) ; il est aussi objet de fantasme, et de ressort aux pièces d’Alex Bag, par exemple…,
cliquez donc ici !!
Il faut travailler, sinon par goût, au moins par désespoir, puisque, tout bien vérifié, travailler est moins ennuyeux que s'amuser. Journaux intimes, "Mon Coeur mis à nu", Charles Baudelaire (1821-1867)
Par Cyril Thomas,
jeudi 10 juillet 2008 à 12:47 ::Cyril Thomas
Sur SecondLife, la gastronomie du voyage débute par le choix d'avatars, le votre en premier puis ceux qui constitueront vos amis lors des diverses échanges... Magasin de corps...
En avant pour une première rencontre a-temporelle...
Etrange, non que les Spaces Invaders, jeu quasi culte, se retrouvent sur une île...
Tautologie du "game play", simple citation du passé, dans le présent....
Dichotomie de SecondLife qui oscille entre distractions et recherches scientifiques (voire donnant même accès à certains symposiums)...Secondlife est-il un monde virtuel utilisé comme médiation scientifique et culturelle ?
Par karine,
lundi 7 juillet 2008 à 15:29 ::Cyril Thomas
En regardant la vidéo de Derrida intitulée la peur d'écrire, j'ai découvert celle de Foucault juste après dans la file. Elle exprime très justement ce que je tente de faire avec tchatchhh et d'autres choses. Je ne sais pas si j'y parviens mais c'est là où j'interviens. Dans les interstices, en jouant de fausses notes et en m'intéressant aux phénomènes mineurs.
Dans le silence, il y a du bruit, c'est connu. Dans la musique, on parle surtout de cuisine et de champignons, on aborde les événements de biais. Les petites histoires forgent la grande.
Par Cyril Thomas,
dimanche 6 juillet 2008 à 21:51 ::Cyril Thomas
je vous écris
« Vous pourriez lire ces envois comme la préface d’un livre que je n’ai pas écrit. Il aurait traité de ce qui va des postes, des postes en tous genres, à la psychanalyse .(…) Quant aux Envois eux-mêmes, je ne sais pas si la lecture en est soutenable. Vous pourriez les considérer, si le cœur vous en dit, comme les restes d’une correspondance récemment détruite. (…) Une correspondance, c’est encore trop dire, ou trop peu. Peut-être ne fut-elle pas une (mais plus ou moins) ni très correspondante. Cela reste encore à décider. Aujourd’hui (…), il n’y a là que des envois, des envois seulement dont ce qui fut épargné ou si vous préférez « sauvé »(j’entends murmurer déjà « accusé »comme on dit de réception)l’aura dû, oui,dû à un principe de sélection fort étrange et que je juge pour ma pat, aujourd’hui encore, contestable, comme peut être d’ailleurs en toute occasion la grille, le crible, l’économie du tri, surtout si elle destine à la garde, pour ne pas dire l’archive. » cf . Jacques Derrida, La carte postale de Socrate à Freud et au-delà, éd. Flammarion, Paris, 1980.
Je vous écris une lettre,…. un billet, un poste…. d’un pays lointain pour reprendre les vers d’Henri Michaux et ceux de Chris Marker ! Allez donc, jetez un oeil sur la revue Hors Champ...
Et si pour entamer, amorcer, débuter cette conversation écrite, il fallait simplement accepter le silence de l’autre ?
Comment comprendre alors cet exercice, cet échange, ce support ???
Comprendre le « je », sur SecondLife à partir de
Par Jean-Jacques Birgé,
dimanche 29 juin 2008 à 07:30 ::Jean-Jacques Birgé
Je ne connaissais rien de l'Allais peintre et Wikipédia n'en dit mot. J'y apprends avec ravissement que cet autre touche-à-tout est né à Honfleur à quelques mètres d'Erik Satie, dans la même rue, et qu'il fit des recherches sur la photographie couleur et la synthèse du caoutchouc, et déposa un brevet pour du café lyophilisé... Je crois me souvenir que Honfleur rime chez toi avec bonheur !
Avec la célèbre causerie anti-alcoolique de Bourvil, je rends hommage à celui qui, dans Les crayons, glisse en a-parte "quand on est artiste, il faut savoir faire tous les genres !", autre manière de revendiquer la définition de Cocteau que je rappelai lors d'un précédent billet et que j'adopte sans préjuger de l'avenir, ayant la chance d'en tout ignorer.
Dans les années 50, même si les bidonvilles fleurissaient sur la couronne de Paris, il n'y avait pas de SDF dans les rues. Les rares clodos que l'on croisait avaient souvent choisi leur état. Ils avaient toujours des histoires incroyables, désespoirs d'amour ou banqueroutes, qu'ils avaient laissées derrière eux grâce à la divine bouteille. Peut-être ai-je été impressionné lorsque j'étais enfant, mais je supporte mal les ivrognes ni aucune représentation dont c'est le sujet. Je ne lis pas les romans qui en traitent et évitent soigneusement les potes qui s'y complaisent. La boxe me fait un effet comparable. L'abus d'alcool rend con et agressif, on le sait bien. Aussi, adolescent, j'ai préféré la marijuana qui rendait gai et faisait planer. Bon d'accord, l'ivresse légère est franchement sympathique dans ses effets désinhibiteurs. Mais pour nous, l'alcool était la drogue imbécile des adultes. Les nôtres ouvraient sur de nouveaux mondes de perception sensorielle, l'expérimental était la loi.
Mon ami Bernard Vitet, qui est plongé depuis des mois dans la lecture d'Alphonse Allais, me raconta qu'une des Clodettes, avec qui il jouait aux côtés de Claude François, ayant passé la nuit avec Jimi Hendrix, était revenue le lendemain matin, avec un T-Shirt où était imprimé "I've been experienced !".
Sur le film emblématique de Monterey, le guitariste chante en ne cessant jamais de mâcher son chewing-gum, et on sait qu'il joua tout le concert sous acide lysergique. Attention, la constitution chimique de son Purple Haze n'avait rien à voir avec les substances en vente aujourd'hui et celui qui avait mis le Fire aux poudres s'asphyxia dans son vomi quatre ans seulement après avoir enflammé le monde musical tous genres confondus avec sa Wild Thing. L'Electric Ladyland ne cesse pourtant de s'étendre, revendiqué par de plus en plus de courants, du rock aux divers contemporains en passant par tous les funks et jazzeux de la planète...
La guitare me fait revenir à ton dernier billet. Très belle chanson inspirée d'Isaac Hayes si j'ai bien compris, même si la vidéo de Pipilotti Rist m'emballe moins. J'avais vu le clip de circonstance de Pierrick Sorin sur le Super Wall de mon FaceBook en début de semaine. Communication tous azimuts oblige, j'occupe l'espace du Net, et avec mon MySpace, mon LinkedIn, mon blog, mon site, mes modulesinteractifs, mes lapins, etc. J'aime bien le côté Deschiens de Sorin, même si je m'en lasse vite. "Même si", même si, il faut toujours que je joue de cette dialectique du pauvre... Énième quadrature du cercle de ce dernier jour sur Tchatch, Même si tu revenais, le premier 30 cm que j'ai acheté avec mes sous était justement celui de Claude François à l'Olympia. Et puis, cela me fait trop plaisir de voir Sacha jouer la comédie. Ça lui va comme un gant, mieux, comme une paire de lunettes. Clin d'œil rétinien à ma compagne qui a failli se la décoller cette semaine, décidément !
En parfait obsessionnel, j'avais l'habitude de terminer les vhs sur lesquelles j'enregistrais des films à la télé avec des petits machins comme ceux-ci et, avec le temps, il n'y a que ces bouche-trous que j'ai envie de revoir. Avec quelques films tout de même, car ces formes courtes envahissent rapidement l'espace audiovisuel de nos nouveaux médias...
Pour conclure aujourd'hui cet échange comme je m'y étais engagé en l'entamant, je vous propose de vous détendre avec ces quelques stéréoscopies. Vous connaissez le principe, laissez-vous aller en focalisant au loin, les images cachées apparaissent lentement comme par enchantement. On pourra y déceler la métaphore graphique de l'ensemble de mes billets.
Enfin, je te remercie, chère Karine, de m'avoir accueilli pendant ces deux petites semaines et te souhaite une bonne continuation et de bonnes vacances si tu peux en prendre. L'appel du vide est un chant nécessaire pour préparer les pages blanches que nous pourrons noircir de notes et de silences comme si c'était le premier jour, sachant que nous devons agir comme si chacun était le dernier.
Les synonymes de pochard sont tous ravissants : alcoolo, bec-salé, boit-sans-soif, ivrogne, pochtron, sac à vin, soiffard, soulard. Ils forment ensemble une jolie mélodie. Alphonse Allais est également l'auteur de : Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige, Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques au bord de la mer Rouge (Effet d'aurore boréale) ou encore Stupeur de jeunes recrues apercevant pour la première fois ton azur O Méditerranée ! Monochromes blanc, rouge et bleu pour ces trois titres, Alphonse Allais publie en 1897 Album Primo-Avrilesque qui réunit d'autres aplats. Cet ouvrage est passé quasi inaperçu alors qu'il annonce et devance même le monochrome de Malevitch.
Alphonse Allais a fréquenté le mouvement des Arts Incohérents, également passé inaperçu, né en 1882 à l'initiative de Jules Lévy avec l'idée de "faire une exposition de dessins exécutés par des gens qui ne savent pas dessiner".
Ce mouvement est décrit par Catherine Charpin dans l'unique livre qui lui est consacré, Les Arts Incohérents (1882-1893) aux éditions Syros Alternatives en 1990, comme précurseur des avant-gardes du XXème siècle, y compris DADA, surtout DADA. Les incohérents désacralisent tout et sapent sur le ton du calembour les valeurs reconnues de l'art. Cependant, leur goût pour la dérision et leur propension à ne pas se prendre au sérieux
les ont condamné à sombrer dans l'oubli.
Par Jean-Jacques Birgé,
vendredi 27 juin 2008 à 14:55 ::Jean-Jacques Birgé
Quel ennui si nous étions tous d'accord ! Une conversation permet de confronter des points de vue, d'entendre d'autres arguments que les siens. Ce n'est pas si facile de provoquer la discussion. Par contre, la tchatch n'est pas un échange. Je cherche évidemment la discussion, le contrepoint, le champ/contre-champ. Je ne crains pas la provocation, d'autant qu'elle n'est pas forcément volontaire. Mais je n'aime pas ceux "qui s'amusent sans arrière-pensée", comme disait Cocteau à qui j'ai emprunté le titre de mon précédent billet (c'est l'exergue D'une histoire féline). Ces deux petites phrases ont dessiné ma course il y a plus de trente ans. Tant mieux si le Lièvre n'a aucune chance. Je repense à celui de La Règle du Jeu pendant la partie de chasse. Comment veux-tu que je cite les "autres artistes" ? Ils sont légions romaines. Chaque bâton d'encens qui brûle sur mon blog est gravé à leurs initiales. Ils me parfument. C'est une forêt qui ne cache aucun arbre. Si mes phrases sont parfois énigmatiques ou qu'elles jouent de doubles sens, c'est qu'elles rendent hommage aux trouvailles de Bertolt Brecht. J'adore, par exemple, cet Allais que je ne connaissais pas, à cause des pochards. J'ai cité Buñuel parce qu'il est le cinéaste qui dépeint le mieux la bourgeoisie telle que je l'abhorre, Renoir parce qu'il montre que la différence de classes est incontournable, Cocteau pour sa définition de l'artiste.
Comme nous nous approchons de la fin de notre échange et qu'il commence seulement à trouver ses marques, je ne résiste pas au plaisir d'ajouter ci-dessus la bande-annonce du Journal d'une femme de chambre dont je citai le dialogue, suivie ci-dessous de la scène du Fantôme de la liberté dont j'ai utilisé hier un photogramme:
Et pour finir n'importe quel passage relatif à Cocteau, mais le choix de celui-ci, dû pourtant au hasard, n'a rien d'innocent !
Mon terrain n'est pas celui de la provocation car elle ne vise qu'à déstabiliser l'autre, lui faire perdre la face. Je préfère de loin la charge critique et/ou le questionnement qui entretient le trouble. Que dire de Bunuel si ce n'est que c'est un grand cinéaste ? Que faire après Duchamp ? etc. Nous n'en sommes plus à régler des comptes avec l'histoire de l'art. Pascal Lièvre utilise effectivement des clichés et le format clip dans son travail. Je dirais qu'il est plus pop qu'autre chose mais qu'importe, je n'ai pas envie de le défendre car ce n'est pas un artiste qui est important pour moi. J'apprécie ces deux vidéos que j'ai citées dans le contexte précis de notre conversation. De quels autres artistes parles-tu ?
Comme toi, je suis très vigilante à la critique en art. Je ne parle pas spécialement des spécialistes mais de la responsabilité des artistes à produire du sens. Ils ne sont pas forcément dans notre institution et ils sont nombreux malgré les références historiques. Je trouve que la comparaison entre Bunuel et Lièvre est un peu facile car le second n'a aucune chance.
Illustration : Ronde de pochards dans le brouillard. Alphonse Allais.
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